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Synopsis
Grâce à une machine libérant la mémoire génétique : L’Animus, un condamné à mort dénommé Callum Lynch va être soumis à revivre les aventures de son ancêtre Aguilar, un membre de la confrérie des Assassins en Espagne au XVe siècle.
Le tout dans le but de retrouver un artefact magique pour l’Ordre des Templiers, qui va permettre d’abolir la violence : la pomme d’Eden.
Mais entre les Assassins et les Templiers, vers qui Callum va-t-il se tourner ? 


 

RIEN N’EST VRAI…

Le jeu vidéo, cher aux enfants, aux ados prépubères et… bon il faut arrêter les clichés à un moment.
Des études ont récemment démontré qu’il y avait plus d’adultes que d’enfants joueurs. De plus, 7 français sur 10 jouent à des jeux vidéo, maintenant essayez d’imaginer le nombre de « gamers » au monde.

Pourquoi cette activité marche même mieux que le cinéma ? Pour ce dernier on est spectateur de l’œuvre, pour les jeux vidéo, nous sommes en interaction avec.
Existe-t-il un format mieux que l’autre ? C’est subjectif, le cinéma étant plus vieux, nous avons beaucoup plus de choses à nous mettre sous la dent. En effet le jeu vidéo est assez « récent » (l’idée du jeu vidéo émergeant en 1950), mais il a évolué au fil des années : des meilleurs graphismes, des meilleurs gameplays et surtout des meilleures histoires, inspirées notamment par son grand frère : le Cinéma.
Car oui, le 7ème Art sait comment raconter des histoires, et prendre certains codes scénaristiques et de mises en scènes pour pimenter son jeu vidéo, et ça c’est une bonne idée.
Ce qu’a fait le studio Ubisoft en 2007 avec l’arrivée de son jeu Assassin’s Creed, qui fut une énorme réussite et cela signa le début d’une nouvelle franchise, dont tous les gamers ont au moins entendu une fois parler.

Et c’est après plus de 18 jeux Assassin’s Creed (en comptant les suites et autres spin-off) qu’Ubisoft songe à franchir les barrières du cinéma, en adaptant leur célèbre franchise, avec à la réalisation Justin Kurzel (Macbeth), du côté casting Michael Fassbender (Shame, X-Men : Days of Future Past) et Marion Cotillard (La Môme, Inception), à noter que ces 2 acteurs ont joué dans Macbeth, réalisé justement par Justin Kurzel.
Alors attention, le film traitera d’une nouvelle histoire (mais avec grosso modo les mêmes éléments), étant donné que les producteurs ne voulaient pas que le public visé soit essentiellement composé par les admirateurs du jeu, notamment au vu des critiques négatives qui ressortent des films prenant ce modèle.

Donc le film Assassin’s Creed est une adaptation du jeu vidéo sans trop l’être, on y retrouve les mêmes factions (la secte des Assassins et l’Ordre des Templiers) mais avec une histoire, des personnages et des lieux différents.
 Et c’est une bonne chose dès le départ, car c’est un point majeur qui explique le fait que les adaptations de jeux vidéo sont mauvaises : le cinéma et le jeu vidéo ne sont pas les mêmes supports, donc appliquer des codes de jeu vidéo au cinéma provoquera des problèmes de qualité, à part si c’est assumé comme l’a fait Edgar Wright pour Scott Pilgrim, qui fait partie des meilleures adaptations de jeu au cinéma.

Reste à savoir si Assassin’s Creed appartient à la catégorie des mauvaises adaptations : tel que Max Payne, Silent Hill 2, Far Cry
Ou aux bonnes adaptations (moyennes dans plusieurs cas) : Warcraft, Silent Hill, Prince Of Persia.



TOUT EST PERMIS

Et en effet, le fait que cet Assassin’s Creed ne suive pas la trame exacte des jeux est un atout, cela permet au film de se démarquer, d’apporter de nouveaux personnages et plus de profondeur à la saga. Ce qui est en soit une excellente idée à appliquer pour un jeu ayant beaucoup de succès. Cela permet aussi d’éviter l’abondance de fan-service : effectivement il y a très peu d’allusion à la saga vidéoludique, juste un « easter egg » vers la fin du film (certains fans du jeu pourront alors reprocher au film d’être beaucoup trop indépendant par rapport à l’œuvre originale, c’est un point de vue).

En plus d’être une adaptation originale, le film est très soigné, avec une sorte de filtre orangé (assez sépia) lors des phases en Espagne du XVe siècle, les plans sont très beaux, surtout ceux avec l’aigle.
Il y a une vraie sensation de gigantisme, avec un cadrage qui montre bien le décor, en naviguant de lieu en lieu, sur ce côté, Justin Kurzel gère bien la réalisation, et malgré que la plupart des environnements soient faits en CGI, ainsi que les plusieurs filtres à l’écran, le résultat n’est jamais vraiment trop nauséabond, même si il est tout à fait possible de trouver que l’espèce de « blur» durant les séquences avec Aguilar soit dérangeant.


A noter que même si le cadrage adopte un style classique, certains plans se démarquent assez, notamment lors des combats, les très gros plans sur une arme par exemple, il y a un passage ou la caméra suit de très près la lame de l’assassin, ce qui donne un effet très sympathique.
Pour le côté action du film, c’est très bien mis en scène, les courses poursuites sont épiques et les cascades très appréciables même s’il y a certains moments de confusion pour quelques séquences d’action.


LES BUGS

Même si on peut trouver des bonnes choses pour cet Assassin’s Creed, on trouve aussi des défauts assez rageant, comme par exemple un scénario vraiment…classique, sans saveur.
Et tout ceci on pouvait le savoir dès la vue du texte déroulant au début du film, qui est aussi inesthétique qu’inutile, surtout qu’il est implanté là juste pour expliquer la guerre entre Assassins et Templiers. Qui aurait été facile à décrire en quelques plans (peut-être de la fainéantise ?).
Malgré ça, on est happé durant les 15 premières minutes, par l’univers accrocheur et l’approche originale, puis la tension redescend.
Les personnages deviennent rapidement clichés ou sans intérêts, faute d’écriture, notamment pour Marion Cotillard dont les motivations peuvent changer d’une scène à l’autre (trop brusquement). Sachant qu’en plus que Marion nous propose une interprétation en demi-teinte, résultat ce protagoniste est dénué de charisme.


Quant à Michael Fassbender, il fait une sympathique performance, mais son personnage reste basique. On a un début de protagoniste intéressant : Un début de folie, une soif de vengeance sanguinaire... puis le personnage redeviens tendre et aseptisé.
Donc tout le potentiel de Fassbender reste cloué au sol.

Et forcément c’est avec un mauvais traitement de personnage, et une histoire bateau qu’on a à faire aux incohérences, assez présentes durant le film.

Mais l’un des problèmes majeurs de ce long-métrage, est la fin, qui est absolument bâclée, juste incrustée pour énoncer une suite.


REQUIESCAT IN PACE

Sans jamais transcender le genre, Assassin’s Creed reste un honnête divertissement qui a le mérite d’innover en matière d’adaptation vidéoludique. Justin Kurzel est très doué, l’esthétique est belle, mais encore une fois c’est le fond qui gâche le film, beaucoup trop standard.
Et pourtant avec une telle histoire, il y a moyen de faire quelque chose d’incroyable, ça aurait été possible avec un autre scénariste moins formaté « Made in Hollywood ». Il aurait fallu un type comme Christopher Nolan par exemple… (on peut toujours rêver)
En espérant que les prochains Assassin’s Creed rectifient le tir.


Critique écrite par Kyliann Mary


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