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Synopsis
Mac Conway rentre de la guerre du Vietnam, hanté par l’horreur qu'il a vu là-bas et plus particulièrement par une mission qui s’est mal déroulée, Il se retrouve rejeté par ses proches, ses concitoyens et remis en cause par les médias. Tandis qu’il essaie de surmonter des difficultés avec sa femme, il est recruté dans un réseau de criminels chargés de nettoyer les rives du Mississippi...




C'est pas ma guerre !

Après l’excellent Banshee, voici que Cinemax (chaîne de télévision américaine) nous propose une autre série tout aussi prometteuse, Quarry :

Michael D. Fuller et Graham Gordy s’associent (à nouveau, après la série dramatique Rectify) pour créer la série Quarry, Inspiré par les romans éponymes de Max Allan Collins.

Greg Yaitanes le réalisateur talentueux à qui l’on doit de nombreux épisodes de Banshee, vient prêter main forte à la réalisation et apporter la touche artistique viscérale que lui seul maîtrise.

La série est donc dirigée par un expert et scénarisée par des hommes pleins de talents, en plus de cela s’ajoute des acteurs pour la plupart quasi méconnus (à tort), mais remarquables, dont : Logan Marshall-Green (Prometheus, Madame Bovary).

Par contre on retrouve dans la série le très célèbre Peter Mullan (My name is Joe, Cheval de Guerre).

Avec tous ces points positifs, vous vous demandez alors s’il y a un mais ?

Et bien non, malgré que ce ne soit que l’introduction de la critique, sachez que Quarry fait certainement partie des meilleures séries de 2016 et on va voir pourquoi.



That'70s show

Vous l’avez deviné l’intrigue se passe dans les années 70… et qui dit année 70 dit… Hippies, cheveux longs et pantalons pattes d’éléphant bref, les seventies quoi !

Et bien Quarry retranscris merveilleusement bien cette atmosphère, c’est plutôt rare pour une série (mention spéciale à 11.22.63 qui s’en sort aussi très bien).

Les voitures, les musiques, absolument tout est très bien recrée, aucune incohérence, on se croit vraiment dans les années 70 et ça niveau ambiance c’est du tout bon.

La série aborde donc des faits historiques et ce qui est intéressant dans Quarry, c’est que certains événements, comme par exemple les attentats de Munich en 1972, ont une répercussion indirecte sur les personnages, on est dans un réalisme incroyable, totalement  immersif.

Au sujet des protagonistes : Mac Conway, brillamment interprété par Logan Marshall-Green est très convaincant dans le rôle, il incarne un vétéran totalement déboussolé, qui perd ses repères et sombre peu à peu dans le chaos qui l’entoure, on a une réelle empathie avec le personnage car son évolution reste très cohérente, sans aucun faux pas, la série aurait pu choisir la voie de la facilité avec le cliché du vétéran traumatisé, paranoïaque etc.…  Mais pas du tout, c’est limite tout l’inverse, bien-sûr, le personnage est tourmenté, mais la guerre, la violence lui manque, et c’est autour de ça qu’est basé la psychologie du personnage, la violence qu’il a en lui.

Seulement ce personnage, c’est déjà une histoire, sauf qu’en plus il y a sa femme Joni Conway, interprétée par Jodi Balfou qui n’a pas à rougir malgré sa sobre carrière, son rôle est aussi complexe : elle est l’intermédiaire entre son mari et le monde qui l’entoure.

Dans beaucoup de série, la femme du protagoniste principal à un rôle qui peut être limite, considéré comme un antagoniste, exemple : Skyler dans Breaking Bad qui au fur à mesure des saisons se retourne contre son mari, cette technique a pour but de jouer avec la relation mari/femme, mais cette situation est un peu trop exploitée de nos jours, autant dans le cinéma que dans les séries télévisées.

Mais là encore, Mac et Joni ont une relation alambiquée, très réaliste, les showrunners ont bien cassé ce style scénaristique, avec plusieurs retournements de situation entre autres, que je ne peux pas vous révéler, afin de ne pas vous spoiler.

En parlant d’antagoniste, Peter Mullan dans le rôle du « parrain », froid et machiavélique c’est juste jouissif.


Il n’y a vraiment rien à redire sur la prestation des acteurs qui est quasiment parfaite.

 Tout cela ne serait rien sans l’écriture soignée de Quarry. Enfin une série où il n’y a pas trop de creux, peut être un léger défaut de rythme en début de saison, mais vite corrigé par des twists ou des cliffhangers. En tout cas personnellement je n’ai pas vu le temps passer (surtout pour ceux qui comme moi apprécie l’atmosphère de la série), entre dialogues savoureux, sexe et ultra violence, on est servi !

Mais pas à la manière d’un Banshee, où le sexe et la violence étaient assumés. Pour Quarry c’est beaucoup plus cérébral, chaque plan à un sens, une signification, évidemment la série est violente, mais elle est raccord avec le sujet exploité.

Et pour les scènes d’actions, Greg Yaitanes, un habitué, c’est encore surpassé, il s’accorde même quelques folies, comme des plans séquences (mention spéciale au plan séquence au Vietnam du dernier épisode, quasiment aussi épique que pour l’épisode 4 de True Detective).



Hitman

Il est dur de trouver des défauts à la série, peut être comme je l’ai écrit plus haut la ressemblance frappante avec Banshee, cette dernière est une série que j’ai beaucoup aimé, décomplexé et fun, Quarry est un peu sa continuité en beaucoup plus cérébral et travaillée au niveau de l’écriture (et du coup moins de fun, selon le public).

Graphiquement, ces deux shows (produit tous les deux par Cinemax) se ressemblent beaucoup, mis à part pour Quarry qui est tout de même, nettement moins nerveux que Banshee, avec des plans plus subtils (exemple intérieur/extérieur via un cadre de fenêtre à côté de la piscine chez les Conway).



Malheureusement cette ressemblance se fait ressentir un peu pour le personnage principal, Mac a un passé sombre, qu’il essaie d’oublier mais ne le peut pas car la violence ne le quitte jamais, où qu’il aille, tout comme Lucas Hood (le personnage principal de Banshee).

Toutefois, le personnage interprété par Logan Marshall-Green est nettement plus travaillé (et plus tourmenté), il y a aussi le partenaire de Mac, Buddy (un excellent personnage), interprété par Damon Herriman (Flesh and Bone) qui n’est pas sans rappeler l’ami transsexuel de Lucas Hood, Job, le côté extravagant et dérangé du personnage peut être facilement comparable à celui de Buddy, sauf que ce dernier à un côté plus sombre.

Cela peut facilement s’expliquer car Quarry et Banshee ont le même réalisateur : Greg Yaitanes.

Mais cette ressemblance ne gâche en rien le plaisir de la série, disons que pour ceux qui ont visionné Banshee avant Quarry, ils feront quelques remarques, mais cela n’ira pas plus loin, car il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour s’arrêter à de simples détails, au vu de ce que la série propose,  selon moi, bien plus de choses que Banshee, même si cela n’a rien à voir car cette dernière est beaucoup plus orientée Trash/sexe (c’est un avis purement subjectif).


Boogie Nights

Un peu plus haut, j’ai abordé Breaking Bad, et à juste titre car Quarry à un point commun avec ce show, ce sont toutes deux des séries qui commencent doucement, et qui après de multiples rebondissements, finissent en apothéose, après que leurs personnages aient subit une longue descente aux enfers.

Et nous aussi, en tant que spectateur nous subissons, à la fois impuissant et choqué devant la violence, autant physique que psychologique, mais cela provoque un effet d’empathie, on s’attache alors aux personnages, on espère les voir triompher, réussir, guérir, et on regarde un autre épisode, jusqu’au dénouement final.  (Quarry est une série de 8 épisodes)

Une atmosphère prenante, des personnages attachants, une BO d’époque très fidèle et agréable, des séquences mémorables, vous n’avez aucune excuse pour ne pas voir l’une des meilleures séries dramatiques de 2016, en espérant que la série soit renouvelé pour une saison 2.


Critique écrite par Kyliann Mary.


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