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Il y a peu, la bande-annonce du prochain Assassin’s Creed a fait grand bruit sur internet, et a convaincu la majeure partie des fans de la licence. J'ai même annoncé ici qu’il avait le potentiel pour être la meilleure adaptation de jeu vidéo au cinéma faite à ce jour. Pourquoi ? Tout simplement parce que ces adaptions sont en générales loin d’être bonnes pour l’instant. En effet, le nombre de mauvais films est faramineux alors que les bons doivent se compter sur les doigts d’une main (le premier Silent Hill, Final Fantasy : Les créatures de l’Esprit, et peut-être Prince of Persia).
Je vous propose donc de voir à quel point ces productions peuvent être aussi nulles à chier en faisant le top 5 des pires adaptations de jeu vidéo au cinéma.

5) Hitman (2015)


Film le plus récent de la liste, Hitman : Agent 47 est sorti il y a moins d’un an dans nos salles obscures. Il est inspiré d’une licence assez populaire (même si ce n’est pas le plus gros succès des consoles) qui a su drainer un public de niche suffisamment important pour être pérenne, et avoir quelques produits dérivés (comme une gamme de vêtement ou une machine à sou), et donc des films. C’est le second Hitman porté au cinéma après un premier opus en 2007, qui n’était déjà pas fameux, mais tout de même meilleur que celui-ci. 

Le premier problème du long-métrage est déjà son incompréhension totale du jeu. La licence Hitman a toujours prôné un gameplay assez posé et froid. Ce sont des jeux d’infiltration/assassinat qui demandent beaucoup de repérage, d’agir avec méthodisme, patience et précision. Au cinéma, cela donne un énième film d’action survolté, qui étouffe la finesse de son scénario dans de l’action bas-de-gamme et crétine. On rajoute à ça les acteurs inexpressifs, une réalisation passe-partout, et surtout des effets spéciaux vraiment laids, et on obtient une des pires productions du genre. Encore moins bon que les Max Payne, Tomb Raider ou autre Doom, une performance en soi !

4) Double Dragon


Double Dragon est un célèbre beat’em all qui a fait le bonheur de l’arcade, et fut un sacré succès en son temps. C’est donc 6 ans plus tard qu’arrivera le film éponyme. Autant le dire tout de suite, celui-ci est surement le plus regardable du top, notamment car il a un côté nanardisant assez prononcé, ce qui fait que si on omet qu’il crache sur un très bon jeu, on pourrait presque s’en amuser.

Mais tout de même, il y a quelques défauts qui ne pardonne pas. Vu que le jeu n’a pas vraiment d’histoire (ce sont deux jeunes qui vont tabasser du punk dans la rue), il est vrai qu’il n’y avait pas de matériel à exploiter, c'est pourquoi on se retrouve avec un scénario particulièrement mauvais. Invraisemblable, bourré d’incohérence, et trop léger, on se dit qu’adapter Double Dragon c’était décidément une mauvaise idée. Le pire restera le ton général, tous les personnages se comportent comme dans un cartoon (ou comme des enfants c’est selon), et ça rend le film particulièrement ridicule, voir irritant par moment. Il a vraiment tendance à prendre ses spectateurs (et par extension les fans de jeu-vidéo) pour des cons, ce qui révèle un cynisme assez puant.

3) Bloodrayne


On s’attaque ici à un très gros cas, celui d’Uwe Boll. Le réalisateur a l’habitude de détruire les licences de jeu-vidéo car il est l’auteur de pas moins de 12 adaptations avec des licences comme Far Cry, Postal, Dungeon Siege, Alone In The Dark ou House of The Dead, pour autant d’échec public et critique. C’est bien simple, beaucoup le considèrent comme le successeur d’Ed Wood au titre de pire réalisateur de tous les temps. Et ce n’est qu’en profitant d’un système allemand très particulier qu’il a pu faire autant de film, tant ceux-ci furent à chaque fois un gouffre financier.

Maintenant qu’on a un peu resitué le personnage, on peut parler du « cas Bloodrayne ». Adapté d’un hack’n’slash qui n’a pas vraiment passé l’histoire, le film reste tout de même une daube infâme. Pourtant, le casting contient quelques stars comme Michael Madsen (plusieurs Tarantino, Sin City, Thelma et Louise, Donnie Brasco…), Michelle Rodriguez (Fast & Furious, Machete), ou Ben Kingsley (La liste de Schindler, Shutter Island, Gandhi, …). Bref du beau monde, qui joueront tous très mal, et surtout feront la gueule tout du long. Mais Uwe Boll n’est pas qu’un mauvais directeur d’acteur, c’est aussi un exécrable réalisateur. Ses plans ressemblent à un téléfilm de M6, les combats sont mals filmés et incroyablement mous, seules les scènes de gore sont à peu près sauvables. Tout ceci est au final assez ennuyeux et relève plus du nanar que du navet. C’est juste très mauvais et très cheap (mais avec de grands acteurs…).

Uwe Boll a vraiment fait beaucoup de mal au cinéma, et particulièrement aux adaptations de jeu-vidéo. On retrouve un peu toujours les mêmes défauts dans ses films, mais même si certains peuvent être sympathique à voir (House of The Dead), celui-là est d’un ennui affligeant. Heureusement que sa prochaine production (Rampage 3) est censée être sa dernière, et qu’il compte quitter la profession.

2) Mortal Kombat : Destruction Finale


Là on commence à rentrer dans la véritable erreur indélébile, qui sera à jamais une des grandes hontes du cinéma. Ce film est tiré du fameux jeu de combat et est la suite directe du premier opus de 1995 réalisé par Paul W.S Anderson (celui qui adaptera un peu plus tard la saga Resident Evil). Celui-ci n’était déjà pas très bon, malgré un Christophe Lambert qui nous sortait son plus beau rire.  Mais au moins on pouvait le considérer comme un vrai film, ce qui serait un bien grand mot pour cette suite.
La première déception est que la plupart des acteurs ont changé entre-temps (dont Christophe Lambert), ce qui est toujours pénible pour la continuité. Mais le problème central est le scénario. C’est tout simple, il est quasiment inexistant. Le film n’avance qu’à travers une suite de combat entre personnage interchangeable, sans que rien n’avance. Quasiment pas d’exposition, peu de développement et surtout beaucoup trop de personnage.
Le pire dans tout ça étant que les combats ne sont même pas bon. Très mal chorégraphié et plein d’effets spéciaux particulièrement honteux, c’est juste une souffrance pour toute personne ayant tenue une manette dans ses mains. Une des pires insultes possibles.

1) Super Mario Bros


Et pour la première place des pires adaptations de jeu vidéo, j'ai décidé de mettre tout simplement celle qui a démarré le mouvement : Super Mario Bros.
Car même si le film en lui-même reste moins mauvais qu’un Mortal Kombat 2 (vraiment difficile de faire pire, il est vrai), le fond est tout aussi affligeant, voire pire.

Car déjà le projet est mauvais à la base. La célèbre licence de Nintendo est l’exemple parfait du média vidéoludique. Ce qui rend le jeu intéressant vient de critères et de caractéristique que l’on ne retrouve nulle par ailleurs : le gameplay et le game design. Je ne vais pas vous faire un dessin et vous réapprendre comment le jeu a été pensé, cela a déjà été fait et analyser des centaines de fois, mais l’important est de savoir que toute l’imagerie de Mario a du sens. Pas forcément du point de vue narratif, mais elle en a un lorsqu’on la regarde par le prisme du gameplay.
Mario demande une grille de lecture qui n’appartient qu’au monde du jeu vidéo, et adapter cette licence ne pouvait mener qu’à quelque chose du genre. Car en plaçant Super Mario Bros dans un contexte de cinéma et de narration, on ne fait que souligner toutes les absurdités et incohérences que le jeu aurait dans un autre contexte. Le discours est d’ailleurs le même pour ce projet d’un film Tetris.
Le pire là-dedans, c’est que le film prendra le choix de changer l’univers de Mario (un peu à la manière de Final Fantasy : Les Créatures de l’Esprit), ce qui serait un choix louable si seulement le long-métrage n’était pas boursouflé de clins d’œil au jeu qui à la fois montrent la démarche très putassière derrière mais aussi montrent très bien que oui, narrativement parlant, Super Mario Bros n’a aucun sens.

Le fond est un calvaire, mais sa forme est aussi très critiquable, notamment à cause d’un scenario qui contient bon nombre d’incohérences, un humour assez mauvais, et surtout des situations plus ridicules les unes que les autres. Les acteurs font aussi le service minimum, et on sent dès le départ que personne ne croit ou ne s’est investi dans cette production.

Conclusion

Super Mario Bros fut un film abject, qui a conditionné des décennies de mauvaises adaptations en initiant des défauts qui deviendront quasiment inhérent à la formule : du fan service à outrance, des projets faits cyniquement, une implication artistique quasiment nulle, une incompréhension des atouts des jeux adaptés, etc… Il faut se rendre à l’évidence, pour l’instant les longs métrages tirés de jeu vidéo sont des produits et non des œuvres.

Mais tout ceci n’est pas non plus écrit dans le marbre. Déjà car il existe déjà un ou deux contre-exemples comme le Silent Hill de Chrisophe Gans, qui s’il n’est pas une franche réussite, démontre une implication artistique et un amour du jeu certain du réalisateur. Mais aussi car certains projets sont assez alléchants comme l’Assassin Creed de cette année, qui est réalisé par le cinéaste au visuel très soigné Justin Kurzel, ou le Last of Us de Sam Raimi, un réalisateur qui a déjà tout prouvé dans le domaine de l’horreur avec la trilogie cultissime Evil Dead.
Voir des réalisateurs compétents et reconnus commencer à se pencher sur le domaine du jeu-vidéo fait rudement plaisir, et on espère bien vite que la tendance changera. Le jeu vidéo le mérite bien.


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